L’installation met en scène une maquette de ville fictive. Fidèle à l’urbanisme des villes modernes, elle en respecte l’organisation rectiligne. Ce territoire, à priori figé dans sa propre structure, se retrouve ici perturbé.

Réalisée en gelée, la maquette sert de substrat à un hôte organique, le blob, qui prolifère. Quartiers après quartiers, cet organisme envahit l’espace pour devenir une étrange cellule architecturale. Ni champignon, ni plante, ni bactérie, ni animal, cet hôte se situe entre les espèces investissant ainsi la notion d’intermonde.

Dans cette lente contamination, l’installation s’active, prend vie sans tenir compte d’aucune logique urbanistique. Dépassant l’ordre établi de la représentation, elle fait écho à l’ œuvre d’Alain Bublex en se plaçant dans une temporalité de la transformation. Tel un chantier, l’installation visible dans sa phase de mutation, n’est ni figée ni limitée. Son aspect se transforme sous les yeux du visiteur le temps de l’exposition.

Physarum Polycephalum (BLOB)

" Pour le projet En-Cellule, présenté lors de l’exposition INTERMONDE(S)  fiction, chantier, utopie au Ciam La Fabrique en janvier 2019, je me suis  procurée une souche de physarum polycephalum que j’ai cultivé/élevé sur de la gélose. Cette installation qui proposait une mise en croissance  du blob sur une maquette de ville post-industrielle typique du nord des Etats-Unis, a duré quatre semaines. Le blob s’est développé sur un mélange composé d’agar-agar (algue marine), d’eau et pour certains bâtiments de son d’avoine. Ce dernier sert à le nourrir35 et à l’attirer vers les différents quartiers de la ville gélifiée, le reste servant de substrat  pour le maintenir dans un milieu humide.
Le blob est un organisme très résistant, il n’est donc pas difficile de le maintenir en vie. Cependant son exposition a posé plus de problèmes  que prévu car il craint particulièrement la lumière et la sécheresse, deux paramètres plus compliqués à réguler dans une salle d’exposition. Malgré ces contraintes, la souche présentée s’est développée en continu  sur la ville malgré certaines périodes périlleuses, notamment les week-end où l’accès au lieu m’était impossible. Je précise qu’aucun blob n’a été tué au cours de l’exposition puisqu’il a ensuite été récupéré et mis en  sclérose, un état de pause ou d’hibernation, qui permet de le ré-activer plus tard."

© 2020 Mado Rodrigues

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