Relique @Cyborg, installation. 

56 plaquettes de pilule contraceptive, sang menstruel, boite en verre, eau, salive et pilules écrasées, impression photo, tubes plastiques et pompe, socle en métal et bois.

2019

L'installation débute par une collecte des 56 plaquettes de pilules vides que j’ai ingérés en 56 mois consécutifs. Symbole d’une libération de la sexualité féminine pour certain(e)s et contraceptif dangereux pour d’autres, ses effets à long terme ne sont pas encore tous connus. Cependant nous savons qu’il produit de « fausses règles », simulées par l’organisme malgré l’impossibilité d’une gestation. Ce sang menstruel, trop facilement attribué au corps des femmes, est ici remis en cause : fausse preuve, truchement biologique, techno- sang, il n’est pas véritable et cache alors la réalité biologique qui agit en souterrain : des hormones de synthèse. Ces dernières sont véhiculées dans la salive qui traversent l’installation grâce à une pompe électrique et des tubes plastiques.

«  Comme l’accès au lieu que je voulais habiter m’a été interdit, je ne garderai mon costume du passé que pour moi. je m’enfermerai dedans jusqu’à ce que l’eau le diffuse, l’efface à jamais, que je le transpire par ma peau et prenne ainsi les égouts comme seule demeure. Puisque mes habits souvenirs ne me feront par repartir dans une nouvelle vie là-bas ; ils disparaitront ici, dans un lieu que j’ignore encore, que n’est pas à moi mais que je prends au rats, mes amis de toujours, à qui j’impose mon flux de mémoire comme de l’urine que si répond à travers les tuyaux bien propres de la ville.

Cet autre lieu, cet inaccessible conciliation que j’allais presque trouver par la présence de mon corps, une nuit en secret, vêtue de cet habit symbole, stigmates de celle que j’ai été. Dernière trace laissée dans leurs jardin, là-bas, cachée sous les arbres, j’aurai fais le deuil de cet avant, comme pour vous prouver que je serai là maintenant.

Mais nous avons volé aux animaux leur lois. Nous sommes si vite devenus deux clans distincts, incapables de se mélanger mais contraints à partager, à tour de rôle, nos chefs et nos territoires. Nous sommes deux fragments de famille compatibles mais pourtant toujours séparés.

Ainsi je ferai sans… car l’avec m’est refusée et sans faire avec se sans, je serai restée seule, sans territoire. Comme dans mes cauchemars, je serai restée muette, moi ) qui vous demandez toujours l’avis, moi que vous avec toujours mise au milieu. J’y suis finalement restée dans ce milieu, cet entre-deux bâtard qui n’est ni ci ni là-bas, ni avec vous ni contre vous. Et j’ai laissé coulé l’eau après les larmes, l’eau qui me protège autant qu’elle n’abîme ma peau. »

Puisqu'il a fallu faire sans, installation-performance, boite, reliques et sécrétions corporelles, poème, vidéo projetée, photographie échelle 1, 2016.


Cette installation-performance présente le corps comme un territoire soumis aux maculations substantielles (cire, pigments, huile, eau). L’installation intervient après la performance capturée en vidéo, en proposant une déterritorialisation et une re-territorialisation organisée. Le projet est construit en plusieurs étapes, une performance dans un bain coloré, diluant ainsi les sécrétions corporelles aux artifices, suivi d’une restitution de cette performance par une vidéo rythmée par la respiration. Ensuite une récolte des restes de la performance (dépôts de cire et de pigments dans la baignoire) et présentation de ces restes sous forme de reliques, en confrontation avec la vidéo, la photographie à échelle 1 et l’écrit poétique autour de la performance.

© 2020 Mado Rodrigues

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